RESPIRATION SOUFFLE PRANA

respiration souffle prana

Marie-Claire Reigner:
Quelle es la difference entre le souffle et la respiration physiologique?

Èric Baret:
Souvent on emploie le mot souffle pour le différencier de la respiration physiologique.
Le mot souffle traduit le mot prana, qui a des nombreuses acceptions.
La première, c’est l’énergie vitale. Ensuite ce prana est divisé en cinq grands aspects est cinq moindres, dont l’un d’eux est le prana. En Inde, on donne l’immage du collier des perles. La respiration, ce sont les perles, et le souffle, c’est le fil caché par les perles. C’est en suivant, en regardant, en découvrant les perles, que on attend le fil. La respiration est une porte ouverte vers le souffle. Dans l’approche cachemirienne, il n’y pas de technique en tant que telle. Il y a une étude, une exploration, une écoute, et c’est très progressivement, après avoir retrouvé un souffle organique, sans pusser lexpiration, sans tirer l’inspiration, sans le maintien de la rétention, que on découvre progressivement une atmosphère de flux qui suit et precède le souffle. C’est-à-dire avant l’inspiration, on sent comme un courant qui est déjà en train de monter. Ensuite ce courant déclenche une inspiration, puis l’inspiration s’arrête et le courant continue à monter plus haut. Ensuite le courant redescend avant l’expiration, on déclenche l’expiration, qui va s’arrêter et le courant va continuer. C’est le souffle, le pressentiment do courant, qui va prendre en charge de plus en plus la respiration physiologique. La respiration physiologique va donc être encadrée par cette sensation de prolongation avant et après l’expiration, avant et après l’inspiration.
Si l’on revient sur le mot prana, le souffle en tant que prana, on peut dire à ce moment-là que c’est l’énergie. C’est-à-dire, par example, quand on sent un genou, dans l’approche indienne, on va dire que la Conscience, l’énergie, le prana, est dans ce qu’on sent. À chaque fois que l’on sent un endroit du corps, on dit que le prana est présent. Et quand un endroit du corps est peu sensible, on va dire que le prana n’y est pas présent. On peut donc envoyer le prana, mentalement, tactilement. C’est pour cela que lors d’une séance de yoga on a éventuellement l’impression de respirer dans telle ou telle région du corps, ce qui amène des effets physiologiques assez marqués.

Èric Baret Marie-Claire Reigner, 250 questiones sur le yoga, p.63f.